Cold cases,  France,  Mystères judiciaires

Donne ton avis sur cinq affaires criminelles françaises marquantes

De nos jours, les faits divers, a fortiori, les affaires criminelles, sont partout : dans la presse bien sûr, sur Internet, dans les docu-séries de Netflix. Internet regorge de vidéos et podcasts spécialisés dans le true crime qui mettent en scène aussi bien des enquêtes résolues que des cold cases qui aiguisent notre curiosité. Bien souvent, il s’agit d’affaires survenues aux États-Unis. Mais, la France aligne à son échelle quelques affaires retentissantes qui demeurent dans l’impasse ou qui, malgré une décision judiciaire, continuent de diviser l’opinion publique. La France est, d’ailleurs, le seul pays ayant fondé un pôle judiciaire intégralement dévolu aux cold cases. Dans cet article, nous allons évoquer cinq affaires clivantes. Vous, lecteurs, êtes invités à vous exprimer sur chaque cas via un sondage afin de partager votre ressenti.

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Christian Ranucci : un innocent guillotiné ?

Cette affaire criminelle a été un véritable séisme dans la France des années 70 de par les faits mais également la personnalité de l’accusé qui est l’un des tout derniers guillotiné de l’histoire. Au-delà de la mort du mis en cause, les requêtes en révision se sont succédées et l’opinion publique continue d’être largement divisée quant à la culpabilité de Christian Ranucci comme nous l’indiquons dans notre article entièrement dédié à cette affaire : L’affaire du pull-over rouge : et si Christian Ranucci était coupable ?

Le 3 juin 1974, entre 11h05 et 11h20, Marie-Dolorès Rambla, 8 ans, est enlevée au pied de son immeuble de la cité Sainte Agnès, dans le quatrième arrondissement de Marseille, alors qu’elle joue avec son frère. Un homme brun à l’accent local gare sa voiture grise à proximité des enfants et leur demande de l’aider à chercher son chien. Il propose au petit Jean Rambla d’explorer une partie de la cité pendant que lui et la petite Marie-Dolorès partent de l’autre côté. Lorsque Jean revient sur ses pas, quelques instants plus tard, le véhicule n’est plus stationnée et sa sœur ainsi que l’inconnu ont disparu. La petite Rambla demeure introuvable et Pierre Rambla, le père des enfants, donne l’alerte et signe sa déposition à 13h15. En parallèle, un accident de la route survient vers 12h20 au carrefour du lieu-dit La Pomme, à une quarantaine de kilomètres de la cité Sainte Agnès. Un homme au volant d’un coupé Peugeot 304 gris métallisé grille un stop et entre en collision avec une Renault 16 occupée par Vincent Martinez et sa petite amie. La Peugeot 304 prend la fuite en direction de Marseille et est pris en chasse par les époux Aubert dont la Renault 15 se trouvait derrière le véhicule de Martinez. Les Aubert constatent que la 304 est stationnée sur le bas-côté à moins d’un kilomètre. Ils relèvent le numéro d’immatriculation puis retournent sur leurs pas afin de le communiquer à Vincent Martinez. Ce dernier porte plainte à la gendarmerie de Gréasque à 13h15. L’identité de l’homme ayant commis un délit de fuite est rapidement établie. Il s’agit de Christian Ranucci, un représentant de commerce de 20 ans habitant Nice. Les actualités des radios locales sont trustées par la disparition de Marie-Dolorès Rambla

Ce même jour, aux alentours de 17 heures, à deux kilomètres du lieu de l’accident, un jeune homme dont la Peugeot 304 s’est embourbée dans une champignonnière demande l’assistance d’un habitant du voisinage qui est bientôt rejoint par le contremaître du lieu, Henri Guazzone. Le conducteur quitte les lieux vers 18h. Le lendemain matin, Guazzone déclare l’incident à la gendarmerie de Gréasque. En parallèle, les époux Aubert font le lien entre l’accident de la veille et l’enlèvement de la petite Rambla et, lors d’un appel à la gendarmerie, spécifient qu’ils ont vu le chauffard monter un talus et s’enfuir dans les talus alors qu’il portait un paquet volumineux. Un jour plus tard, Vincent Martinez, qui a fait les mêmes déductions, contacte la gendarmerie de Gréasque puis la police de Marseille et, après avoir relaté son accident, affirme que les témoins lancés aux trousses du chauffard lui ont confié que celui-ci s’était enfui dans les fourrés avec un enfant.

Une battue est organisée dès 14h avec, notamment, la brigade cynophile. Dans la champignonnière, un pull-over rouge en excellent état est retrouvé par les gendarmes. Ce scellé donnera son nom à cette affaire hors normes, à savoir l’affaire du pull-over rouge. À 15h45, le cadavre d’une fillette lardé de coups de couteau et dont le crâne est fracassé est découvert à 700 mètres du carrefour de La Pomme. À 18h15, Christian Ranucci est arrêté par la police de Marseille au domicile de sa mère, Heloïse Mathon, avec qui il vit. Il a quelques éraflures sur les mains et les avant-bras. Quarante-cinq minutes plus tard, Pierre Rambla identifie le corps de sa fille sur les lieux de la découverte du cadavre. À 19h30, Ranucci avoue être à l’origine de l’accident et du délit de fuite survenus deux jours plus tôt. Il craignait de perdre son permis de conduire, document essentiel à la pratique de sa profession. Entre-temps, son véhicule a été saisi. Y ont été retrouvés un pantalon tâché, un couteau Opinel, quatre lanières de cuir et deux cheveux dont un qui présente de fortes similitudes avec la chevelure de la petite Rambla. Ranucci confesse qu’il s’agit du pantalon qu’il portait le jour de l’accident.

Le lendemain, Eugène Spinelli, un garagiste exerçant en face de la cité Sainte Agnès et ayant vu le véhicule de l’homme qui a enlevé Marie-Dolorès, et Jean Rambla ne reconnaissent pas Ranucci lors d’un tapissage où ce dernier est flanqué de policiers en civil. Spinelli affirme que le ravisseur conduisait une Simca 1100 gris métallisé. Le garagiste et le frère de la victime ne seront jamais entendus par la juge d’instruction, Ilda di Marino. Puis, le mis en cause est confronté aux époux Aubert et finit par passer des aveux complets. Il dessine les lieux de l’enlèvement et affirme avoir tué l’enfant à l’aide d’un couteau avant de déposer le corps à la champignonnière. Pour rappel, le corps a été retrouvé à 700 mètres du carrefour de La Pomme. À 17h30, sur la base des éléments transmis par les policiers de Marseille, les gendarmes mettent la main sur le couteaun’ ensanglanté à quelques encablures de la champignonnière. Christian Ranucci réitère ses aveux devant la juge d’instruction et les psychiatres. Le 24 juin, une reconstitution se tient à la cité Sainte Agnès puis sur les lieux de l’accident et à la champignonnière. Cette reconstitution semble être menée à charge par la juge. Sur les lieux du crime, l’accusé fait une crise de nerfs et refuse de refaire les gestes ayant conduit à la mort de Marie-Dolorès Rambla. Il est considéré que le pull-over rouge, bien qu’il soit trop grand et que Ranucci déteste le rouge, lui appartient. Christian Ranucci est écroué. Dans les mois qui suivent son incarcération, Ranucci se rétracte.

Le procès de Christian Ranucci s’ouvre le 9 mars 1976 dans un climat explosif, la foule réclame la mort. Dès le début, Ranucci accuse les policiers marseillais de sévices et nie les faits tout se montrant malhabile dans ses interventions. Retors et arrogant, l’accusé laisse une très mauvaise impression aux jurés. Le lendemain, Ranucci est condamné à la peine de mort. Le 12 mars, ses avocats forment un pourvoi en cassation qui est rejeté le 17 juin. Les avocats de la défense déposent une demande de grâce qui est à son tour rejetée par Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la république. Le 28 juillet, à 04h13, Christian Ranucci est guillotiné après avoir dit à ses avocats « réhabilitez-moi ! ». Les années suivantes, de nombreux ouvrages, téléfilms et films, souvent à décharge, voient le jour. L’opinion publique est divisée. Trois demandes de révision sont déposées, en 1978, 1980 et 1990. Toutes sont rejetées. Le 14 mars 2013, Heloïse Mathon, la mère de Ranucci, décède.

Les points faisant débat

  • Le véhicule du ravisseur : Simca 1100 ou Peugeot 304 ? Un garagiste peut-il se tromper sur un modèle de voiture ?
  • L’arme du crime : Christian Ranucci a indiqué où se trouvaient l’arme du crime
  • Le pull-over rouge : ce vêtement ne faisait vraisemblablement pas partie de la garde-robe de Ranucci
  • Les eégratignures : celles-ci auraient été occasionnées par la végétation des lieux du crime
  • Le pantalon : un pantalon tâché de sang a été découvert dans le coffre du coupé Peugeot 304 de Christian Ranucci
  • Les cheveux : deux cheveux, dont l’un très similaire à ceux de la victime, ont été récupérés dans le véhicule du condamné
  • Le ravisseur d’enfants : un homme portant un pull-over rouge et ayant approché plusieurs enfants a été signalé par plusieurs familles de la région au moment de l’enlèvement de Marie-Dolorès Rambla

Quel eest ton avis sur cette affaire criminelle dramatique ?

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Mais qui a tué Agnès Le Roux ?

Un jugement a été prononcé dans l’affaire Le Roux. Cependant, le corps de la victime de cette affaire au long cours n’a jamais été retrouvé et les rebondissements ont été multiples, laissant planer un doute immense sur le déroulé des faits et la culpabilité du condamné.

À la Toussaint 1977, Agnès Le Roux, une héritière niçoise de 29 ans, disparaît. Agnès est la fille de Renée Le Roux, la propriétaire du Palais de la Méditerranée, l’un des grands casinos de la ville de Nice, dont la situation économique est très fragilisée. Madame Le Roux doit faire face aux coups de boutoir de Jean-Dominique Fratoni, propriétaire du casino concurrent Le Ruhl et qui est connu pour ses accointances mafieuses. Fratoni souhaite mettre la main sur son concurrent dans ce qui est appelé « la guerre des casinos ». Le Palais de la Méditerranée est détenu en indivision par Renée Le Roux et ses quatre enfants. Rebelle et peu concernée par ce monde de strass et de paillettes, Agnès a été à l’origine d’un séisme dans l’administration du casino familial. Le 30 juin 1977, lors d’un conseil d’administration, Agnès a mis sa mère en minorité en vendant ses parts à Fratoni contre trois millions de Francs, la transaction ayant été coordonnée par son amant, l’avocat Maurice Agnelet.

Au domicile de la jeune femme est trouvé une note non datée laissant supposer une disparition volontaire voire un suicide :

« Désolée, je dérape. Ici se termine mon chemin. Tout est bien. Agnès. Je désire que Maurice s’occupe de tout. »

C’est d’ailleurs la thèse du suicide qui initialement retenue par la police. Cependant, les semaines défilent et le cadavre de la jeune niçoise n’est pas retrouvé. Autre fait notable : son véhicule Range Rover a disparu. Il faut attendre mars 1978 pour qu’une information judiciaire soit ouverte, sous la pression de Renée Le Roux qui décide de porter plainte. En septembre 1978, Agnelet est arrêté. Les enquêteurs ont découvert que l’avocat s’est emparé des trois millions d’Agnès déposés sur un compte suisse dont il a procuration. Il a ensuite transféré les fonds vers l’un de ses comptes sur lequel l’une de ses maîtresses, Françoise Lausseure, a procuration. Confronté par les enquêteurs, Maurice Agnelet déclare que lors du week-end de la Toussaint 1977, il séjournait à l’hôtel de la Paix, à Genève. Son alibi est confirmé par cette dernière.

Outre la cupidité, la vengeance serait la motivation principale de l’avocat. Éminence grise de Renée Le Roux, Agnelet avait pour ambition de devenir le nouveau directeur du Palais de la Méditerranée mais avait essuyé une fin de non-recevoir de Renée Le Roux. En décembre 1978, il est radié du barreau pour manquements à la déontologie de sa profession en conséquence de son rôle actif dans le volet financier de l’affaire. Comme il n’y a pas de corps, Agnelet n’est pas inculpé. Pourtant, une perquisition à son domicile n’a fait que renforcer les soupçons des enquêteurs. Habitué à annoter des volumes de La Pléiade lors d’étapes majeures de son existence, Agnelet a écrit « Mercredi 2 novembre 1977, reclassement dossiers, PM-PV, liberté » en date du 2 novembre 1977. « PM/PV » semble signifier « Palais de la Méditerranée » et « Palais Vénitien » (société propriétaire des murs du casino). Le sigle « PM/PV » a été utilisé à maintes reprises, notamment le 30 juin 1977, jour du conseil d’administration, avec la mention « 30 juin 1977, sécurité, PM-PV ».

En 1980, alors que l’enquête demeure dans l’impasse, Maurice Agnelet s’expatrie au Canada. À l’été 1983, un avis de recherche international est émis ; Agnelet accepté de rentrer en France de son propre chef. Dès son retour en France, en 1983, Agnelet est inculpé pour homicide et abus de confiance. Les preuves solides manquant, il est libéré en février 1984 puis bénéficie d’un non-lieu, le 30 septembre 1985. Néanmoins, le 30 novembre 1986,, il est condamné à 24 mois fermés pour abus de confiance et incarcéré le jusqu’en 1988.. En 1999, son alibi s’effondre lorsque Françoise Lausseure affirme qu’elle a menti en 1978 concernant la présence d’Agnelet à Genève à ses côtés lors du week-end de la Toussaint 1977, à la demande de son amant. Renée Le Roux demeure infatigable dans la recherche de la vérité et porte plainte contre Lausseure pour complicité et recel de cadavre. Le 8 décembre 2000, le dossier est rouvert et Maurice Agnelet est mis en examen pour homicide puis pour assassinat, en mars 2004.

Le 23 novembre 2006, le procès d’assises s’ouvre. Le 20 décembre, Maurice Agnelet est acquitté au bénéfice du doute mais le parquet fait appel. Le 12 avril 2007, Agnès Le Roux est officiellement déclarée morte. Le 11 octobre 2007, Agnelet est jugé en appel à Aix-en-Provence. La cour le condamne à vingt ans de réclusion. Maurice Agnelet se pourvoit en cassation et dépose une demande de remise en liberté qui est rejetée le 13 décembre suivant. Le 15 octobre 2008, le pourvoi est rejeté et la condamnation entérinée. Mais, en 2009, les avocats d’Agnelet saisissent la CEDH (Cœur Européenne des Droits de l’Homme) et requièrent sa libération conditionnelle, en 2010. Agnelet et ses avocats parviennent à leurs fins : le 10 janvier 2013, la CEDH condamne la France jugeant que l’acte d’accusation pour meurtre n’est pas formellement établl., l’absence de cadavre étant un point saillant de l’instruction.

Le 31 janvier 2013, il est décidé d’un troisième procès et Agnelet recouvre la liberté le 1er février. Celui-ci s’ouvre à l’autre bout de la France devant les assises de Rennes, le 17 mars 2014. Le 6 avril, un véritable coup de semonce se produit : Guillaume Agnelet, fils de l’inculpé, déclare « je suis convaincu que mon père est le meurtrier » et indique qu’Agnelet père a confessé des années auparavant avoir assassiné Agnès d’une balle dans la tête alors qu’elle dormait lors d’un séjour du couple à Monte Cassino, en Italie, avant de se débarrasser du corps dans une forêt puis de déposer le véhicule Range Rover de la jeune niçoise sur le parking d’une gare avec les clés en évidence sur le tableau de bordbet et de prendre un train à destination de Nice. Ces dires auraient été confirmés par Annie Litas, mère de Guillaume Agnelet et ex-épouse de Maurice Agnelet. Lors de l’audience, Litas rejette les déclarations de son fils. Le verdict tombe le 11 avril 2014 : Maurice Agnelet est à nouveau condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Il se pourvoit en cassation dès le lendemain. Le 8 juillet 2015, son recours est rejeté, sa condamnation devient définitive. Après un âpre combat s’étalant sur plusieurs décennies, Renée Le Roux décède le 6! uin 2016. Le 24 décembre 2020, Maurice Agnelet obtient une libération anticipée pour raisons médicales et met le cap sur la Nouvelle Calédonie où réside son deuxième fils. Il y décède d’une crise cardiaque le 12 janvier 2021, à l’âge de 82 ans.

Le corps de la fille cadette de la famille Le Roux n’a jamais été retrouvé. Il en va de même pour son véhicule. En dehors des malversations financières, d’étranges annotations et d’un faux alibi, la culpabilité de Maurice Agnelet repose sur des bases très fragiles. Quel est ton avis sur cette affaire aux multiples rebondissements ?

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Saura-t-on un jour qui a noyé le petit Grégory ?

L’affaire dite « du petit Grégory » est certainement l’enquête criminelle française la plus emblématique du vingtième siècle. Extrêmement complexe et parsemée de rebondissements, luttes et calomnies, cette affaire judiciaire demeurent vivace dans la société hexagonale. Les français réclament la vérité depuis près de quarante ans.

Le 16 octobre 1984, en fin d’après-midi, Christine Villemin signale la disparition de son fils Grégory, quatre ans, alors qu’il jouait devant la maison familiale située à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges. À 21h15, le corps sans vie de l’enfant, pieds et poings liés, est retrouvé dans la Vologne. Jean-Marie et Christine Villemin sont harcelés depuis août 1981 par un correspondant anonyme très menaçant. Ce dernier semble avoir mis à exécution ses menaces. Ainsi débute une affaire qui devient très vite ultra médiatique, même au-delà du territoire français. Vers 17h30, Michel Villemin, le frère aîné du père de l’enfant, à savoir Jean-Marié Villemin, reçoit un appel anonyme du corbeau qui lui annonce la mort de Grégory et déclare que sa « vengeance est faite ». Le lendemain, Jean-Michel Lambert, jeune juge d’instruction de 32 ans, est désigné pour le suivi de l’affaire. Ce même jour, les parents de Grégory reçoivent une lettre du corbeau revendiquant le crime. La lettre a été postée à Lépanges-sur-Vologne la veille, juste après l’assassinat du petit garçon. Son autopsie ne permet pas d’affirmer que l’enfant est décédé d’asphyxie dans l’eau du fleuve ni s’il a été ligoté avant ou après son décès. Mais, la noyade est avérée.

Une étude graphologique est diligentée et conclut que le corbeau est Roger Jacquel, le beau-père de Jacky Villemin qui est le demi-frère du père de Grégory. Ce dernier fait partie de la liste des suspects établie par Christine et Jean-Marie Villemin qui subissent les assauts postaux et téléphoniques à toute heure du jour et de la nuit depuis plus de trois ans. Cependant, il est mis hors de cause grâce à un solide alibi. Une dictée est alors soumises à 140 personnes, des membres de la grande famille Villemin ainsi que leurs proches. Les gendarmes relèvent également des traces de pneus et une empreinte de chaussure féminine à proximité du lieu supposé du crime puisque le corps de l’enfant a dérivé. Le 22 octobre, le portrait-robot d’un homme corpulent d’une quarantaine d’année au cheveux mi-longs et qui aurait été vu en train de rôder autour de la poste de Lépanges-sur-Vologne à l’heure du crime est établi et diffusé. Un homme se reconnaît, se présente à la gendarmerie et est mis hors de cause. Le 22 octobre, une certaine Marie-Ange Laroche contacte les enquêteurs depuis un café afin de leur faire part de ses suspicions au sujet de Jacky Villemin et de sa femme Liliane. Ce faisant, elle est convoquée par les gendarmes et sommée de donner des détails quant à son emploi du temps et celui de son époux, Bernard Laroche, le jour du crime. Les Laroche sont soumis à l’épreuve de la dictée. Dès le 25 octobre une reconstruction avec un mannequin est organisée. Celle-ci fragilise la conviction relative au lieu du crime et démontre que Grégory a été jeté à l’eau à un endroit bien plus proche du lieu de découverte du cadavre. Le lendemain, un deuxième portrait-robot est établi. Il s’agit d’un homme jeune au visage rond avec une moustache qui a été aperçu dans les encablures de la scène du crime. Le croquis ressemble à Bernard Laroche dont la graphie pose question.

Le 31 octobre 1984, les époux Laroche sont placés en garde à vue puis libérés le lendemain à la faveur d’alibis les disculpant. Bernard Laroche affirme qu’il a retrouvé sa belle-sœur, Murielle Bolle qui a quinze ans, chez sa tante Louisette Jacob vers 17h20. Bolle est hébergée chez les Laroche depuis quelques mois. Cette dernière est interrogée par les gendarmes et confirme l’alibi de Bernard Laroche avant de se dédire et de le mettre en cause suite à un point d’achoppement entre les déclarations de Laroche et celles de Murielle. Celle-ci déclare être arrivée chez Louisette Jacob après Bernard Laroche. De plus, certains camarades de classe de Murielle affirment ne pas l’avoir vue dans le car de ramassage scolaire, d’autres qu’elle est montée dans un véhicule qui a les mêmes caractéristiques que la voiture de Laroche. Le chauffeur du car scolaire confirme l’absence de Bolle ce jour-là. Face à ces contradictions, elle déclare qu’il y avait Sébastien, le fils Laroche, dans la voiture et qu’ils se sont arrêtés devant une maison de Lépanges-sur-Vologne pour faire monter un petit garçon. Puis, Laroche s’est arrêté à Docelles, un village proche, a fait descendre Grégory avant de s’éloigner avec lui puis de revenir à la voiture seul, quelques instants plus tard. Dans la foulée de cette déposition, les graphologues confient aux enquêteurs que la graphie de Laroche a de fortes similitudes avec celle de l’auteur de la lettre revendiquant le crime. Un foulage avec les lettres LB peut être distingué sur cette lettre. Bernard Laroche est inculpé pour assassinat et arrêté sur son lieu de travail, le 5 novembre 1984. Le mobile : une jalousie hargneuse ayant conduit au pire. Mais, le lendemain, Murielle Bolle revient sur son témoignage et disculpe Laroche en alléguant que les gendarmes ont fait pression sur elle. Il semble que, lors du week-end précédent et consécutif à sa déposition, elle a subi les foudres de sa famille. Néanmoins, le dossier de l’accusation étant très mince, le juge Lambert fait libérer Laroche le 4 février 1985.

L’enquête est confiée aux policiers de Nancy. Le 29 mars 1985, alors que Bernard Laroche se tient devant son garage avec son épouse Marie-Ange et son fils Sébastien, il est abattu par Jean-Marie Villemin. Marie-Ange avait demandé la protection de son mari aux autorités, sans succès. Le père de Grégory est écroué. La rumeur publique commence à désigner Christine Villemin, la mère de Grégory, comme la coupable. Certains, dont quatre collègues de cette dernière, sont convaincus d’avoir vu Christine Villemin à la poste le jour de l’assassinat de Grégory, ce que réfute Christine. Elle dit s’y être rendue la veille. Le 25 mars, une nouvelle expertise graphologique laisse supposer que la mère de Grégory pourrait être le corbeau. De plus, des cordelettes identiques à celles ayant permis de ligoter l’enfant sont retrouvés chez les époux Villemin. Le 5 juillet, elle est placée en détention. Alors enceinte, elle entame une grève de la faim. Dans sa prison, Jean-Marie Villemin fait de même. Le 16 juillet, Christine Villemin est remise en liberté provisoire mais demeure accusée et sous contrôle judiciaire. Le 22 octobre 1985, une nouvelle reconstitution est organisée. Aucun nouvel élément notable n’en ressort. L’affaire s’enlise. Christine Villemin ne sera innocentée qu’en 1993. Quant à feu Bernard Laroche, à ce jour, ni son innocence ni sa culpabilité n’a été proclamée par la justice. Condamné à cinq ans de prison pour le meurtre de son cousin, Jean-Marie Villemin sort de prison le 24 décembre 1987 et est assigné à domicile en Essonne où s’installent les Villemin. Ils ont, entre-temps porté plainte contre Murielle Bolle en 1986. En 1990, Claude Colin affirme avoir croisé en voiture un homme corpulent accompagné d’une femme rousse (Murielle Bolle est rousse) à proximité du domicile des Villemin le jour de l’assassinat de Grégory. Un témoignage confirmé par Marcelle Claudon qui était dans le véhicule de Colin ce jour-là.

En avril 1988, la plainte des Villemin à l’encontre de Murielle Bolle débouche sur un non-lieu. En avril 1993, Jean-Marie Villemin est jugé pour le meurtre de Laroche et condamné à cinq ans, quantum couvert par la détention préventive effectuée dans les années 80. Il sort donc de prison après deux semaines derrière les barreaux. L’enquête est rouverte en avril 2000 suite à la demande d’analyses ADN par les parents de Grégory. On espère trouver la trace génétique du corbeau sur les lettres saisies en 1984. Malheureusement, les traces sont inexploitables. L’affaire est, à nouveau, dans l’impasse. En 2009, de nouvelles analyses sont diligentées. Deux ADN distincts sont relevés sur un courrier du corbeau adressé au grand-père de Grégory. Néanmoins, ces traces ne correspondent à aucune des 150 personnes impliquées dans l’enquête. En 2010, on décide d’étudier la téléphonie et d’analyser un cheveu retrouvé sur le pantalon de Grégory ainsi que les cordelettes. Ces analyses ne sont pas concluantes suite à de nombreuses manipulations des scellés. Une voix masculine et une voix féminine ont été isolées mais aucun individu n’est formellement identifié. En 2017, le grand-oncle et la grand-tante paternels de Grégory Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, ainsi que l’épouse de son oncle sont placés en garde à vue. Murielle Bolle est de nouveau interrogée. Le procureur déclare que plusieurs personnes ont officié à la réalisation du crime. Cependant, les Jacob sont rapidement remis en liberté. Le 29 juin 2017, Murielle Bolle est mise en examen sur dénonciation de son cousin dont le témoignage est rapidement malmené. Le 6 juillet, elle entame une grève de la faim. Bolle est libérée le 4 août 2017. Il est pourtant retenu que, peu après la mort de l’enfant, celle-ci aurait confié à l’infirmière de sa mère qu’elle était bel et bien dans la voiture de Laroche le jour du crime. En parallèle, le 11 juillet, le juge Lambert, longtemps conspué dans sa gestion de l’enquête puis dessaisi, se donne la mort par asphyxie. Dans sa lettre posthume, il réaffirme que Bernard Laroche était innocent et laisse transparaître ses soupçons relatifs à la mère de Grégory. Désormais, la justice mise beaucoup sur des analyses stylométriques mais rien de probant n’en est ressorti à ce jour.

Quelle est ton opinion sur le(s) coupable(s) ?

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Le Dr Godard a-t-il sacrifié sa famille ?

L’affaire Godard a captivé l’opinion publique par son mystère. Le Dr Godard, disparu en mer en 1999, a été au cœur d’une enquête complexe qui a connu de multiples rebondissements sur près d’une décennie.

Le 1er septembre 1999, le Dr Godard, médecin et acupuncteur de 44 ans et installé en Normandie, prend la route de Saint Malo avec ses enfants, Camille, 6 ans, et Marius, 4 ans. Toute la famille embarque sur le Nick, un voilier loué pour cinq jours afin de faire une croisière vers Perros-Guirec. Avant de prendre la mère, Godard a acheté des serpillières et détergents qu’il a stockés dans son Combi Volkswagen stationné sur le parking du port. Le voilier ne rentrera jamais au port de Saint Malo, la famille Godard se volatilise.

Le 5 septembre, l’annexe pneumatique du voilier est récupérée en mer par un chalutier alors qu’elle était à la dérive non loin de l’île de Batz. Un blouson et un chéquier appartenant à Yves Godard y sont retrouvés. La gendarmerie de Roscoff ouvre une enquête pour disparition inquiétante. Des traces de sang et de la morphine sont découverts dans le véhicule familial, deux jours plus tard. Le 8 septembre 1999, une perquisition est menée au domicile des Godard situé à Tilly-sur-Seulles, dans le Calvados.

Les gendarmes ne trouvent nulle trace de la mère de Camille et Marius. Cependant, de grandes traces de sang sont détectées dans la chambre conjugale, la salle de bain et le salon. L’enquête se doublé d’une information judiciaire pour homicide à l’encontre d’Yves Godard. Une semaine plus tard, les analyses confirment que le sans retrouvé dans le Combi et la maison est bien celui de Marie-France Godard. Le même jour, un gilet de sauvetage émanant du Nick est repêché au large de l’île britannique de Guernesey. Le 23 septembre, c’est le radeau de survie pneumatique qui est récupéré sur une plage du Dorset, au sud-ouest de la Grande Bretagne. L’investigation démontre qu’il est impossible que tous ces éléments aient été disséminés par les courants maritimes.

Quelqu’un a-t-il attenté aux jours des membres de la famille Godard avant de disperser des objets pour égarer les enquêteurs ? Le jeu de piste est relancé le 16 janvier 2000 avec la découverte d’un sac de toile appartenant aux Godard par un pêcheur non loin de l’ Île de Batz. Outre des vêtements, le sac contient les permis de conduire du couple et les cartes grises de leurs deux véhicules ainsi que des chéquiers. Le 6 juin suivant, un crâne est repêché vers Saint-Brieuc. Stupeur : il s’agit du crâne de la petite Camille. Les autorités déploient les grands moyens pour déceler l’épave du voilier de location, en vain. La carte professionnelle du Dr Godard est retrouvée sur une plage des Îles des Ébihens le 11 février 2001. Onze jours plus tard, c’est une carte bancaire au nom d’Yves Godard qui est découverte sur cette même plage. Une autre carte de crédit est également mise à jour sur cette plage le 24 mai. Même chose, même endroit le 3 juin 2001 grâce à un plongeur. Les enquêteurs estiment qu’Yves Godard a fait halte sur cette plage et s’est débarrassé du contenu de son portefeuille.

Cependant, les effets personnels retrouvés n’ont pas été exposés longtemps aux éléments, selon les analyses diligentées. L’enquête est en errance jusqu’au 13 septembre 2006. Un fémur et un tibia sont découverts à 70km au nord de Roscoff. Il s’agit des ossements d’Yves Godard. De nouvelles recherches sont menées afin de localiser le voilier, sans succès. Le 14 décembre 2008, une carte de mutuelle au nom du Dr Godard est découverte à nouveau sur la plage de la Chapelle. Cette carte aussi est en bon état. Quelqu’un semble prendre plaisir à disséminer des objets en lien avec les disparus. Le 14 septembre 2012, une ordonnance de non-lieu est rendue. Aucun corps n’a été retrouvé. Cependant, Yves et Camille sont considérés morts. Le 7 décembre 2015, le tribunal de grande instance de Caen prononce une déclaration d’absence concernant Marie-France et Marius Godard, ce qui équivaut à un acte de décès sur le plan légal.

Des recherches ont également été menées sur l’île de Man, territoire britannique, en octobre 1999, après qu’un hôtelier ait déclaré que le Dr Godard et ses deux enfants ont certainement séjourné dans son établissement du 7 au 14 septembre, soit quelques jours après leur disparition. Yves Godard et ses enfants vont être signalés à divers endroits du globe sans que ces pistes ne permettent à l’enquête d’avancer. Une autre piste a tenu la corde pendant plusieurs années, à savoir la piste mafieuse. Yves Godard était membre d’un syndicat controversé, le CDCA, dont le secrétaire national a été assassiné le 29 janvier 2001 par deux hommes cagoulés. Là encore, les investigations annexes ont mené à une impasse. À ce jour, l’enquête relative aux membres de la famille Godard demeure en errance.

Les hypothèses

  • La tuerie intrafamiliale : le Dr Godard aurait éliminé son épouse à leur domicile avant de se débarrasser du corps puis d’organiser les meurtres et la disparition des enfants, une fois en mer, avant de se donner la mort. Pourtant, outre le crâne de Camille, le fémur et le tibia d’Yves Godard, le reste des ossements n’a jamais été récupéré. D’autre part, l’épave du voilier n’a étonnamment jamais été localisée. Enfin, les objets personnels de la famille Godard ont été disséminés sur plusieurs années et à divers endroits.
  • L’assassinat de la famille Godard : Marie-France Godard a-t-elle été tuée par des ennemis des Godard avant qu’Yves Godard ne tente d’emmener ses enfants hors de France, les tueurs à leurs trousses ? Yves, Camille et Marius Godard auraient ensuite sombré en mer. Cependant, cette thèse est fragile car le sang de Marie-France a été retrouvé dans le Combi Volkswagen du Dr Godard.
  • La thèse hybride : Yves Godard aurait assassiné sa femme avant d’être à son tour tué, ainsi que ses enfants. Il est, en effet, très étrange que des objets tels que des cartes bancaires aient été découverts en bon état plusieurs années après la disparition des trois passagers du voilier. Une personne a pris un malin plaisir à narguer les autorités. On peut aussi se demander si l’individu en question n’était pas un complice du Dr Godard ou, à tout le moins l’un de ses proches, qui avait pour mission de désabuser les enquêteurs et, ainsi, faire gagner du temps à Godard dans sa fuite à l’étranger.

Selon toi, quelle hypothèse est le plus plausible ? Je t’invite à t’exprimer via le sondage ci-après.

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Xavier Dupont de Ligonnès est-il vivant ?

L’affaire Dupont de Ligonnès à connu un retentissement international de par son horreur en tant que tuerie intrafamiliale mais aussi par le parallèlisme avec l’affaire John List survenue en 1971, aux États-Unis. Treize ans plus tard, Xavier Dupont de Ligonnès n’a toujours pas été localisé et il n’y a pas de certitude qu’il soit vivant.

Le 21 avril 2011, à Nantes, cinq corps sont retrouvés sous la terrasse d’une maison. Il s’agit de Madame Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants qui n’ont pas été vus depuis le 1er avril. Le père, Xavier Dupont de Ligonnès est introuvable. L’enquête démontre que plusieurs étapes significatives ont mené à l’annihilation de cette famille, certainement par le patriarche. Le 12 mars, Xavier Dupont de Ligonnès a acquis un silencieux et des cartouches puis s’est rendu à quatre séances de tir à la fin du mois. Un ticket de caisse démontre également l’acquisition de sacs poubelle de grande contenance et de dalles adhésives dans un magasin de bricolage. Le 1er avril, Arthur, le fils aîné, ne récupère pas son salaire à la pizzeria dans laquelle il travaille et Xavier Dupont de Ligonnès achète du ciment, une bêche et une houe. Le lendemain, il acquiert quatre sacs de chaux. Il est vu, le 3 avril, en train de charger de gros sacs dans son véhicule par un voisin. Ce même jour, le couple Dupont de Ligonnès et leurs trois autres enfants se rendent au cinéma puis au restaurant.

Le 4 avril, Anne et Benoît sont absents et leurs camarades collégiens s’inquiètent de ne pas parvenir à les joindre. Une rumeur dit que la famille pourrait mettre le cap sur l’Australie, incessamment sous peu. Xavier Dupont de Ligonnès s’entretient au téléphone avec sa sœur. Le soir, il dîne avec son fils Thomas à Angers où étudie ce dernier. Les serveurs diront que Thomas n’avait pas l’air bien. Le 5 avril, un huissier trouve porté close alors qu’il vient réclamer le paiement d’une dette de 20 000€. Le 6 avril, c’est la petite amie d’Arthur qui vient frapper à la porte, en vain, et aperçoit pourtant de la lumière au premier étage. Le lendemain, Dupont de Ligonnès est vu à nouveau charger de gros sacs dans sa voiture. Le 8 avril signe la dernière connexion du père de famille à un forum catholique puis l’envoi d’e-mails à sa sœur, son beau-frère et sa mère. Le 11 avril, la direction du collège d’Anne et Benoît reçoit une lettre signée par leur père indiquant que la famille part pour l’Australie suite à une mutation. L’établissement catholique où travaille Agnès, la mère de famille, reçoit une lettre de démission. La famille du père de famille reçoit également une lettre expliquant que le couple et ses enfants ont été exfiltrës par l’agence américaine de lutte contre les stupéfiants (DEA).et qu’ils ne seront pas joignables pendant plusieurs années après avoir intégré un programme de production de témoins. Le soir du 11 avril, Dupond de Ligonnès paye une chambre d’hôtel à Blagnac près de Toulouse. Le lendemain, il séjourne dans un hôtel de Le Pontet, dans le Vaucluse sous l’identité de Xavier Laurent. Le 13 avril, une voisine des Dupont de Ligonnès signale à la police le fait que les volets de la maison du couple sont fermés depuis une semaine bien que le véhicule d’Agnès est stationné dans la rue. Les policiers investissent les lieux et constatent que la maison a été partiellement vidée. Le 14 avril 2011, une caméra de vidéosurveillance filme Xavier Dupont de Ligonnès en train de retirer 30€ à un distributeur de Roquebrune-sur-Argens. Le lendemain, il quitte l’hôtel à pied, abandonne sa voiture et disparaît définitivement.

Suite à la découverte des corps, six jours plus tard, le véhicule de Xavier Dupont de Ligonnès est identifié à Roquebrune-sur-Argens. Les autopsies se tiennent le lendemain : les victimes ont été sédatées puis abattu durant leur sommeil avec l’arme dont Xavier Dupont de Ligonnès avait hérité de son père trois mois auparavant. Un mandat d’arrêt international est émis. Les obsèques se tiennent le 28 avril. Le 29 avril, une battue est organisée autour de Roquebrune-sur-Argens avec l’aide de spéléologues. Les jours suivants, les enquêteurs apprennent que le père de famille avait pour coutume de s’exprimer sur un forum catholique intégriste via lequel il s’était montré relativement agressif peu avant les assassinats avant d’en être banni. Il est révélé que la famille Dupont de Ligonnès était croyante. Le public apprend également que le père de famille faisait face à de très grosses dettes suite à plusieurs échecs professionnels. Le 28 avril 2015, des ossements sont retrouvés, dans la forêt varoise de Bagnols, ainsi que des objets de survie, des lunettes et une facture datée de 2011. Mais, il ne s’agit pas du cadavre de Xavier Dupont de Ligonnès. La même année, en juillet, une journaliste reçoit par courrier une photo d’Anne et Benoît avec la note énigmatique suivante au verso :

« Je suis encore vivant. De là jusqu’à cette heure. »

Xavier Dupont de Ligonnès

Le 9 janvier 2018, le monastère Saint Désert de Roquebrune-sur-Argens est investi par la police. Deux témoins affirment avoir vu le fugitif assister à une messe. Il s’agit d’une fausse piste. Treize ans plus tard, l’affaire Dupont de Ligonnès c’est plus de 900 signalements de par le monde sans que cela n’ait permis à l’enquête de rebondir. Pourtant, le 11 octobre 2019, le monde retient son souffle : Xavier Dupont de Ligonnès aurait été arrêté à l’aéroport de Glasgow. L’information est démentie le lendemain.

Les hypothèses

  • Le suicide du principal protagoniste : la procureure envisage fortement cette conjecture. Xavier Dupont de Ligonnès était aux abois sur le plan matériel et n’entrevoyait plus d’issue positive. Il aurait assassiné sa famille avant de se suicider pour éviter le déshonneur
  • La tuerie intrafamiliale puis la fuite vers les États-Unis : en 1990, Xavier Dupont de Ligonnès a effectué un road trip de dix-huit mois aux USA avec un ami. Il a toujours été fasciné par ce pays. En 1998, il s’y est à nouveau rendu afin d’envisager l’expatriation de sa famille et la création d’une entreprises sur le sol de l’Oncle Sam. La famille passe, d’ailleurs, neuf mois à divers endroits des États-Unis en 2002. Une entreprise est créé auprès du registre du commerce et des sociétés floridien en février 2003. Cette entreprise n’a jamais été réellement active mais aurait pu servir les intérêts de Dupont de Ligonnès dans sa fuite puisque l’activité de la compagnie consistait en l’aide aux européens dans leur expatriation vers les États-Unis. L’affaire Dupont de Ligonnès est souvent mise en perspective avec l’affaire John List survenue en 1971, dans le New Jersey. Xavier Dupont de Ligonnès avait connaissance de cette enquête retentissante dont le principal protagoniste a fini par être arrêté après une fuite de dix-sept ans

Quelle est ton opinion sur cette affaire hors du commun ?

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Ces cinq affaires criminelles illustrent combien il est parfois très complexe de permettre la manifestation de la vérité bien que les moyens de police technique et scientifique n’aient jamais été aussi divers et probants. Les recherches touchant aux disciplines de la science forensique ont de beaux jours devant elles, comme nous l’exprimions dans notre article Au service de la justice : panorama de la science forensique.

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